Perdre un proche, c’est recevoir un choc et, presque aussitôt, une liste de formalités à accomplir alors qu’on n’a la tête à rien. Personne ne nous apprend cela à l’avance. Voici donc, dans l’ordre, ce qu’il faut faire en cas de décès, ce qui peut attendre, et comment se préserver pendant ces semaines-là. Les délais cités sont ceux indiqués par le guide officiel Service Public « Un proche est décédé ».
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ToggleLes premières heures : faire constater le décès et prévenir
La toute première étape consiste à faire constater le décès par un médecin, qui établit un certificat de décès. À l’hôpital ou en Ehpad, ce sont les équipes sur place qui s’en chargent. Au domicile, on appelle le médecin traitant ou un médecin de garde. Sur la voie publique, il faut prévenir la police ou la gendarmerie.
Vient ensuite la déclaration du décès à la mairie du lieu du décès, une démarche obligatoire. À l’hôpital ou en maison de retraite, l’établissement la fait lui-même dans les 24 heures. Pour un décès à domicile, il n’existe pas de délai légal, mais Service Public recommande de la faire dès que possible, car toutes les autres démarches en dépendent. Dans les faits, l’entreprise de pompes funèbres peut s’en occuper pour vous. La mairie établit alors l’acte de décès : demandez-en plusieurs copies, vous en aurez besoin partout.
C’est aussi le moment de prévenir la famille et les amis proches. Inutile de tout faire seule : confiez les appels à une ou deux personnes de confiance.
Les premiers jours : le corps et les obsèques
Le corps doit être transféré soit au domicile, soit en chambre funéraire (funérarium). Bon à savoir : la chambre mortuaire d’un hôpital accueille le défunt gratuitement pendant 3 jours, alors qu’un funérarium privé est payant dès le premier jour et doit être rejoint dans les 48 heures suivant le décès. Les soins de conservation, eux, ne sont pas obligatoires.
Avant d’organiser la cérémonie, vérifiez si la personne avait exprimé ses dernières volontés : de vive voix, dans un testament ou dans un contrat obsèques signé de son vivant. Ses choix (enterrement ou crémation, don du corps à la science) doivent être respectés. S’il n’y a rien, la décision revient aux proches.
Côté calendrier, l’inhumation doit avoir lieu au moins 24 heures après le décès et au plus tard le 14e jour calendaire qui suit. Cela laisse un peu plus de temps qu’on ne le croit souvent pour réunir la famille et choisir une cérémonie qui ressemble à la personne disparue.

Les premières semaines : banques, employeur et organismes
Il n’existe aucun téléservice qui préviendrait toutes les administrations en une seule fois. Il faut donc s’organiser, par exemple avec une liste que l’on raye au fur et à mesure.
- Les banques : tout héritier, un proche ou le notaire peut les informer. Les comptes personnels du défunt sont alors bloqués, sauf les comptes joints, que le conjoint peut continuer à utiliser. Les frais d’obsèques peuvent toutefois être réglés sur les comptes du défunt, dans la limite de 5 965 €.
- L’employeur du défunt s’il travaillait : un bulletin de salaire récent donne ses coordonnées.
- Les organismes sociaux : Assurance maladie (qui peut verser un capital décès sous conditions), caisses de retraite, Caf, France Travail le cas échéant.
- Les assurances et contrats : assurance habitation, assurance vie, fournisseurs d’énergie, abonnements.
Si vous êtes salariée, pensez aussi à vous : le Code du travail prévoit un congé pour le décès d’un proche. Par exemple, il est de 3 jours pour le décès d’un conjoint ou d’un partenaire de Pacs, parfois plus selon votre convention collective. Renseignez-vous auprès de votre employeur.
Dans les 6 mois : la succession
Les héritiers disposent de 6 mois après le décès (12 mois si le décès a eu lieu à l’étranger) pour déposer la déclaration de succession et payer les droits éventuels. Le recours au notaire est obligatoire dans plusieurs cas, notamment dès que la succession comprend un bien immobilier. Même quand il n’est pas obligatoire, un premier rendez-vous permet souvent d’y voir clair et de ne rien oublier.
Ce délai paraît long, mais il passe vite. Un conseil simple : ouvrez tôt un dossier (papier ou numérique) où vous rangez l’acte de décès, les relevés, les contrats et les courriers reçus.
Rendre hommage autrement : la collecte en mémoire
De plus en plus de familles choisissent de transformer l’absence en geste utile, en invitant les proches à faire un don plutôt qu’à envoyer des fleurs. C’est une façon douce de faire vivre la mémoire de quelqu’un, surtout lorsqu’il a été touché par la maladie. La Fondation pour la Recherche Médicale détaille, dans sa page Quelles démarches faire après la perte d’un proche, les principales étapes à suivre ainsi que la manière d’organiser une collecte en mémoire d’un proche au profit de la recherche.
Prendre soin de soi pendant les démarches
Les formalités s’enchaînent au moment même où l’on a le moins d’énergie. Ce n’est pas un détail : le chagrin fatigue le corps autant que l’esprit. Quelques repères pour tenir sans s’oublier :
- Déléguer : les pompes funèbres, un notaire ou un proche organisé peuvent prendre une partie des démarches. Accepter l’aide n’est pas une faiblesse.
- Protéger son sommeil : les nuits sont souvent courtes et agitées. Quelques gestes simples pour s’endormir plus rapidement peuvent aider à récupérer un peu.
- Repérer la surcharge : irritabilité, oublis, tensions dans la nuque… Apprendre à reconnaître les signes d’un stress qui s’installe sans bruit permet de lever le pied à temps.
- S’accorder des pauses : une marche, un bain chaud, ou même une activité manuelle apaisante comme le coloriage, pour offrir à la tête quelques minutes de répit entre deux coups de fil.
- Ne pas rester seule : si la tristesse devient envahissante et dure, parlez-en à votre médecin traitant. Des associations d’accompagnement au deuil existent aussi partout en France.
Il n’y a pas de bonne façon de vivre un deuil, ni de calendrier imposé pour aller mieux. Les démarches, elles, ont des délais : les connaître à l’avance permet de les traiter une par une, et de garder un peu de place pour ce qui compte vraiment, se souvenir et se laisser soutenir.






